Quelles démarches ?

Deux principes efficaces : le détour et la finalisation

Marie Françoise Leudet

 

Deux principes peuvent sous-tendre les séances d'aide

1. Le détour à adopter
2. La finalisation de la séance

I. LE DÉTOUR

S'il est explicitement demandé de ne pas couper la séance d'aide individualisée du reste du travail mené en classe, il l'est tout autant de ne pas faire du " plus de la même chose ", de la répétition à haute dose, de la remédiation qui tournerait à l'acharnement ; il va donc falloir faire varier les situations, varier les activités tout en restant dans la cohérence du projet pédagogique.
On pourrait alors penser une pédagogie " du détour " : quelles activités - autres que celles que nous menons en classe entière - peuvent mettre en place les compétences que nous cherchons à construire ?
Une succession d'exercices risquerait de morceler et d'atomiser les savoirs, risquerait surtout de lasser les élèves sans pour autant leur apporter la satisfaction de réinvestir ce qu'ils auront réussi à faire. Perdre la globalité de la tâche serait perdre le sens même de l'apprentissage en lui retirant sa finalité et sa complexité. Car c'est la complexité, qui est bien celle du réel, qui permet à la tâche d'être mobilisatrice ; les progressions linéaires, décomposant les difficultés en mini-séquences allant du simple au complexe, ne permettent pas à l'élève de rencontrer l'obstacle qu'il doit franchir pour apprendre. Ainsi, dans toutes les séances d'aide qu'on voudra bien organiser, l'élève pourra réussir tous les exercices qu'on lui proposera, il n'en sera pas plus performant dans les tâches globales que sont le plus souvent celles de l'évaluation sommative.
Globalité qui laissera le sens et valorisation qui pourra créer une motivation.
Donner aux élèves du groupe d'aide individualisée une " longueur d'avance " sur leurs camarades leur permettra de mieux s'investir dans le cours qui suivra. C'est pourquoi il peut être intéressant de construire une séance en amont de la séance en classe entière, qui, sans la préparer mécaniquement, mettra les élèves en projet et en confiance.
Il est possible aussi de valoriser l'élève plus simplement en lui permettant de retravailler une production qui ne l'aura pas satisfait lors de sa première réalisation.
On sent bien que c'est l'analyse de leurs difficultés et de leurs erreurs qui, à ce moment clé de leur production, fera avancer et créera les conditions de l'apprentissage.

II FINALISATION DES SÉANCES

Si nous avons noté la nécessité d'une cohérence à établir entre les séances d'aide et le projet pédagogique, il n'en est pas moins nécessaire que chaque séance d'une heure ait sa propre unité : inscrite dans la durée certes mais qui ait sa globalité en elle-même. Il va donc s'agir de trouver une activité qui prenne sens dans l'heure, qui puisse bien sûr se poursuivre mais qui permette qu'à la fin de l'heure, il se soit passé quelque chose d'identifiable.

La finalisation de la séance, autre condition de l'apprentissage, va pouvoir se créer à court, à moyen ou à long terme.
Le court terme permettra déjà à l'élève de se repérer et d'apprécier les effets immédiats ( ?) de la séance. Ainsi peut-elle " rebondir " sur la séance suivante, en la préparant, en créant l'état d'esprit nécessaire chez certains de nos élèves, en leur donnant confiance, comme nous l'avons déjà dit, en mettant en évidence ce qui leur a été nécessaire pour se mobiliser en classe.
La séance se situera alors en amont mais on peut tout aussi bien envisager de la situer en aval pour tirer professeurit de ce qui a commencé à émerger.
Et cette finalisation pourra alors se faire à plus long terme, tout en restant proche dans le temps en se concrétisant par une réalisation valorisante : une exposition, des articles, un scénario, la création d'un site Internet, etc.
Mais il nous semble évident que c'est la finalisation à long terme - les méthodes acquises, les compétences construites - qui est en réalité visée, par le détour de ces séances finalisées à plus court terme !