Témoignages

 

PAROLES DE CPE

Témoignage de Catherine VERMILLARD, Conseillère Principale d'Éducation , lycée Jacques Prévert Longumeau (Essonne)

En début d'année, le lycée a été choisi pour faire connaître les résultats du travail d'une année scolaire sur la mise en place de l'aide individualisée en français en seconde.
Ce travail de réflexion réunit les professeurs de français de seconde, la documentaliste et la conseillère principale d'éducation.
Dès le début , mon implication au sein de l'équipe en tant que CPE m'a interpellée : mon action au sein du projet m'était difficile à cerner.
Une première piste mise en forme pour établir un lien avec ma pratique professeuressionnelle était de corréler les élèves allant en aide individualisée et les élèves posant des problèmes de tout genre. Cette première piste a été rapidement abandonnée en raison des changements fréquents dans la composition des groupes ce qui ne permet pas de faire un véritable suivi d'élève.
Une deuxième piste possible est davantage en relation avec les différents projets que je co-anime avec l'infirmière du lycée en matière de prévention. Notre projet s'intéresse aux comportements à risque des adolescents.
Il s'articule autour de trois axes :

· autour de l'amour : sexualité, sida, MST, rapports précoces, grossesse, IVG, abus sexuels,
· autour des rythmes de vie : diététique, régimes, comportements alimentaires déviants, stress, suicide, sommeil,
· autour de la consommation de produits (cannabis, alcool, médicaments/alcool, autres produits) : abus, dépendance, plaisir, législation, toxicomanies.

A partir de ce projet, nous avons envisagé de faire un travail en aide individualisée au travers de différentes actions. Ce travail avec des élèves de seconde va permettre d'accélérer leur adaptation au lycée, ce qui n'est pas toujours évident en seconde, leur permettant d'être davantage acteurs, davantage responsables et respectueux à l'égard du lycée dans son ensemble.

A ce jour, il semble que cette piste offre davantage de lien entre l'enseignant et le CPE. N'oublions pas que chaque établissement a ses propres particularités et qu'une généralisation n'est sans doute pas envisageable.
Par ailleurs, une définition de l'aide individualisée me semble nécessaire. Derrière ces mots chacun y met son sens et cela n'est pas sans poser des difficultés de fonctionnement. Pour anecdote, je vais vous raconter un événement source d'incompréhension. Un jour, un collègue me renvoie 4 élèves qui avaient une heure d'aide individualisée et qui sont arrivés en retard. Dans notre lycée, le règlement intérieur stipule que l'enseignant décide d'accepter ou non les retardataires. A mon avis, ce principe ne pouvait pas s'appliquer dans ce cadre là, puisqu'en contradiction avec la notion d'aide ou du moins avec l'idée que je m'en fais : travail scolaire, écoute, discussion, suivi d'élève. Il me semblait plus intéressant de parler directement avec les élèves sur les motifs de ce retard et de les aider à s'interroger sur leurs motivations. Le contexte particulier de cette heure donne un autre sens à l'acte d'apprendre.
Au cours d'une réunion de concertation où nous avons évoqué ce problème, j'ai constaté que les enseignants considéraient qu'une heure d'aide individualisée s'apparentait forcément à la même réglementation que les cours habituels. Le principe de ponctualité s'appliquait donc à ce cadre là.
Ce phénomène très ponctuel a mis en évidence que selon le terrain occupé par sa fonction, le sens donné est différent. Pour ma part, il y a la nécessité d'avoir une réflexion commune sur le fonctionnement pour qu'enfin le travail de collaboration demandé ait vraiment un sens.