Textes officiels

 

B.O 21 du 27 mai 1999 (extrait)

II - Dispositif d'accompagnement pédagogique des élèves

Un des axes forts de la réforme des lycées consiste à centrer plus étroitement le lycée sur les besoins des élèves afin de favoriser la réussite de chacun. C'est pourquoi, les heures de cours stricto sensu ont été réduites pour laisser plus de place aux activités d'enseignement en petits groupes permettant de répondre plus précisément aux attentes des élèves grâce à des approches pédagogiques variées. Le travail au CDI sous la responsabilité des documentalistes, en laboratoire de langue, en atelier d'informatique doit permettre de développer les capacités d'autonomie des élèves. Les dédoublements lorsque les effectifs le justifient, les modules, l'aide individualisée permettent à la fois un accompagnement pédagogique de tous les élèves et une aide complémentaire pour ceux qui en ont le plus besoin. Le dispositif d'accompagnement pédagogique implique l'ensemble de la communauté éducative : il doit s'inscrire dans le projet d'établissement. Le conseil d'administration arrêtera les modalités de ce dispositif après avoir consulté le conseil de la vie lycéenne.

- l'enseignement modulaire est organisé pour tous les élèves dans les disciplines suivantes : français (0,5 h), LV 1 (J h), histoire-géographie (0,5h), mathématiques(1,5h). Introduits dans le cadre de la réforme des lycées de 1992, les modules ont été conçus pour répondre à la fois aux exigences des apprentissages, notamment méthodologiques, requis à ce niveau de l'enseignement scolaire et à leur mise en œuvre pour des élèves dont les besoins sont naturellement hétérogènes

- Chaque professeur des quatre disciplines concernées par un module a la charge d'enseigner à la fois en cours et en module. Les professeurs peuvent enseigner à des élèves d'autres classes si cela correspond à un projet défini par l'équipe pédagogique.

- Le récent rapport de L'inspection Générale sur les modules a bien montré l'intérêt pédagogique, tant pour les élèves que pour leurs professeurs, d'une mise en œuvre du dispositif complémentaire, cours et module, telle que la prévoient les recommandations de la note de service du 25 mai 1992 qui restent pertinentes et auxquelles les équipes pédagogiques pourront valablement se référer.

- Il a montré également l'importance que revêt une organisation non pérenne des groupes, conduisant à découpler les modules et à mettre en parallèle les emplois du temps d'au moins deux classes pour conserver la fluidité des groupes nécessaire au suivi des élèves dont les besoins en remédiation, méthodologie ou approfondissement ne sont pas complémentaires à l'intérieur du groupe classe.

- l'aide individualisée est apportée à des élèves, constitués en petits groupes (huit élèves au maximum), qui rencontrent des difficultés ponctuelles ou présentent des lacunes plus profondes que l'enseignement en module ne peut résoudre.

- Cette aide doit permettre de redonner confiance aux élèves en leur offrant la possibilité, avec l'appui de leurs professeurs, de s'interroger sur leurs difficultés et sur les méthodes qui leur sont proposées. De la sorte, ils sont ainsi mis en situation d'acquérir peu à peu une autonomie et de nouvelles compétences pour rentrer dans la logique du travail qui leur est demandé.

- Pour la mise en place de l'aide à la rentrée 1999, la dotation horaire globale comprend deux heures hebdomadaires pour toutes les divisions de seconde. Cette dotation de base est affectée au français et aux mathématiques. Des établissements, sélectionnés par les autorités académiques en fonction de critères sociaux et/ou scolaires, recevront une dotation complémentaire de deux heures pour les divisions qui en ont le plus besoin. Le volant d'aide supplémentaire peut être utilisé soit pour créer davantage de groupes dans les deux disciplines précitées, soit dans d'autres disciplines en fonction des besoins des élèves.

- La mise en œuvre de l'aide individualisée peut s'effectuer de la manière suivante: Pendant le mois qui suit la rentrée scolaire des groupes sont constitués à partir des difficultés individuelles mises en évidence par l'évaluation en classe de seconde organisée en début d'année, complétée par un entretien de l'élève avec ses professeurs . Des objectifs et un plan de travail pour quelques semaines sont proposés à chaque élève par les enseignants qui procèdent ensuite à une analyse et un bilan permettant de compléter ou de réorienter la nature de l'aide apportée à chacun des élèves concernés. Ce bilan interviendra plusieurs fois dans l'année scolaire selon une périodicité définie par l'équipe éducative.

- Le dispositif sera évalué dans sa première année de fonctionnement notamment au sein du conseil d'administration et du conseil de la vie lycéenne.

- Les heures d'aide sont incluses dans le service obligatoire des enseignants ou éventuellement rémunérées en heures supplémentaires.

BO 25 du 24 juin 1999 Annexe 1 (extrait )

L'AIDE INDIVIDUALISÉE

Dès la rentrée scolaire 1999-2000, une aide individualisée est prévue, dans l'emploi du temps réglementaire de la classe de seconde, pour des élèves qui rencontrent des difficultés ponctuelles ou qui présentent des lacunes plus profondes.
Pour ces élèves, l'aide individualisée complète l'enseignement dispensé en classe entière, en demi-groupe et l'accompagnement pédagogique donné en module ; elle facilite une meilleure appropriation des savoirs fondamentaux et l'acquisition de l'autonomie nécessaire à la prise en charge des apprentissages, en redonnant aux élèves confiance en eux.
Il s'agit pour le lycée de mettre en place les dispositifs adaptés à son public scolaire et ainsi d'être son propre recours. Pour la mise en place de l'aide à la rentrée 1999, la dotation horaire globale comprend deux heures hebdomadaires pour chacune des divisions de seconde. Cette dotation de base est affectée au français et aux mathématiques. Des établissements sélectionnés par les autorités académiques en fonction de critères sociaux et/ou scolaires, recevront une dotation complémentaire de deux heures. Le volant d'aide supplémentaire peut être utilisé soit pour créer davantage de groupes dans les deux disciplines précitées, soit dans d'autres disciplines en fonction des besoins des élèves.

A - Mise en œuvre de l'aide individualisée

La définition d'une politique d'établissement et l'organisation de l'aide individualisée relève de la marge d'autonomie administrative et pédagogique dont disposent les lycées.
Dans le cadre du projet d'établissement, à partir d'une réflexion pédagogique d'ensemble émanant notamment des professeurs principaux et des conseils d'enseignement, un travail approfondi est mené par l'ensemble de la communauté éducative sur l'organisation de l'aide aux élèves.
Les modalités de l'aide sont présentées et soumises au vote du conseil d'administration après concertation avec le conseil de la vie lycéenne ou à défaut, avec le conseil des délégués. Elles sont inscrites dans le projet d'établissement . Elles concernent le repérage des besoins des élèves mis en évidence par l'évaluation de seconde, la mobilité des groupes, les formes d'aide retenues, les outils et les supports disponibles ou nécessaires. Le chef d'établissement, garant de l'application des mesures adoptées par la communauté éducative, favorise la réflexion et le travail en commun d'équipes d'enseignants, au sein des différents conseils.
En outre, pendant les journées de pré-rentrée, les professeurs principaux de seconde et leurs collègues définissent les modalités pratiques de la mise en place de l'aide, son articulation avec les enseignements modulaires et les autres formes d'aide qui peuvent exister localement.
Les orientations retenues à l'issue de ces réflexions sont communiquées aux parents et aux élèves ; à cette occasion, l'aide individualisée devra être présentée de façon positive afin d'entraîner l'adhésion des élèves et de leurs familles. Le chef d'établissement veille dans la confection des emplois du temps à placer les heures d'aide individualisée à des moments de la journée pédagogiquement pertinents et qui ne pénalisent pas les élèves ; ainsi, les heures d'aide individualisée ne doivent pas avoir lieu, dans la mesure du possible, en début ou en fin de journée ou le samedi matin ; en outre, il est préférable qu'elles ne soient pas placées les jours où l'élève a plusieurs heures de cours dans les disciplines qui correspondent à l'aide pour éviter un effet de saturation. Bien entendu, elles ne sont pas situées sur des plages horaires prévues pour d'autres activités obligatoires comme la participation à certains enseignements optionnels.

L'organisation et le fonctionnement des groupes
Les groupes d'élèves qui vont bénéficier de l'aide individualisée (huit élèves au maximum par groupe) sont constitués en fonction des types de difficultés individuelles mises en évidence par l'évaluation en classe de seconde, complétée par des entretiens avec les enseignants. L'efficacité de l'accompagnement aux élèves suppose qu'un soin tout particulier soit apporté à la constitution des groupes ; celle-ci relève des choix pédagogiques opérés par l'équipe de professeurs ; elle est effectuée pendant le mois qui suit la rentrée scolaire.
Les résultats de l'évaluation et des entretiens individuels permettent à l'équipe éducative d'établir un bilan des acquis et du parcours scolaire de l'élève ; ils donnent aux enseignants la possibilité de fixer les objectifs pédagogiques de l'aide pour une période déterminée. Un plan de travail est proposé à chaque élève concerné dans le cadre d'un dialogue qui doit permettre l'acceptation d'un "contrat pédagogique".
Les enseignants font périodiquement un bilan de l'aide et peuvent réorienter la nature de celle-ci en fonction des besoins spécifiques de leurs élèves.
Ce bilan intervient plusieurs fois dans l'année scolaire selon une périodicité définie par l'équipe éducative. L'évaluation conduite tout au long de l'année par les enseignants permet la mise au point d'une typologie de besoins et l'élaboration de stratégies d'apprentissage diversifiées . Pour suivre au mieux la progression des élèves, la constitution des groupes doit rester flexible ; ceux-ci ne sont pas nécessairement de taille identique, leur composition peut varier en cours d'année en fonction des objectifs poursuivis et des types d'activités.

B - L'aide en français et en mathématiques

L'aide individualisée ne doit être ni une répétition du cours, ni une étude surveillée, ni un doublement des questions traitées dans les modules, ni une série de pratiques définies une fois pour toutes, puisque les besoins individuels sont divers et évoluent ; elle doit être un temps de dialogue et de réflexion permettant à l'élève de reprendre confiance en lui et de passer d'un besoin souvent confus pour lui à une demande exprimée plus précisément ; c'est également un lieu de pratiques qui doit faire l'objet d'une évaluation formative et non sommative.
Avec l'aide des enseignants, les élèves pourront tenir un cahier de bord de leur travail afin de suivre eux-mêmes l'acquisition ou de la consolidation de leurs apprentissages.

En français
La finalité de l'aide individualisée est de faire acquérir aux élèves une meilleure maîtrise de la langue, nécessaire à la compréhension des différents contenus disciplinaires.
On privilégiera des exercices écrits ou oraux, brefs et variés, des aides à la compréhension en lecture, des apports de lexique et de grammaire à partir de productions écrites et orales déjà réalisées par les élèves ou d'exercices préparant leurs productions à venir.

En mathématiques
- L'aide individualisée est d'abord consacrée à faire prendre conscience aux élèves de la nature de leurs difficultés et à leur donner les moyens de remédier à certaines lacunes. Après un bilan de la progression de l'élève, la nature de l'aide est redéfinie selon les besoins spécifiques de celui-ci. En aucun cas, cependant, l'aide individualisée ne doit favoriser la sélection des élèves pour un approfondissement en vue d'études scientifiques.
- Les professeurs de français et de mathématiques veilleront à coordonner leurs actions, en particulier pour les élèves qui recevront les deux types d'aide.
- On favorisera le décloisonnement entre divisions et le travail en équipes des professeurs : les heures d'aide individualisée pourront être alignées en barrettes afin que les enseignants organisent des séances pendant lesquelles ils peuvent accueillir d'autres élèves que les leurs. L'aide individualisée peut aussi être conduite par les enseignants de français et de mathématiques avec les élèves qu'ils ont en cours,
- D'autres enseignants peuvent intervenir, notamment en donnant des indications claires sur les besoins des élèves qu'ils auront détectés.

C - L'évaluation de l'aide individualisée

Dès l'année scolaire 1999-2000, la mise en place de l'aide individualisée fera l'objet d'une évaluation dans l'établissement, notamment au sein du conseil d'administration et du conseil de la vie lycéenne ; les corps d'inspection procéderont également à une évaluation globale du dispositif .Ce suivi permettra de revoir les modalités d'organisation de l'aide aux élèves dans les établissements. Par ailleurs, la direction de l'enseignement scolaire a demandé à une équipe de chercheurs d'étudier les effets de la mise en place de l'aide individualisée conformément aux objectifs qui lui ont été fixés.



Document d'accompagnement des programmes de Troisième
(extrait Livret 1 CNDP 1999)

La liaison Collège / seconde générale ou technologique (p.38)

De par leur propre formation, de par leur expérience professionnelle parfois, les professeurs de collège connaissent mieux les secondes générales et technologiques que les secondes professionnelles. On indiquera donc seulement ici quelques principes essentiels d'une liaison maîtrisée entre le collège et le lycée d'enseignement général.

Un clivage dépassé

Le collège a pu apparaître, aux yeux de certains, comme le lieu où étaient privilégiés la grammaire, l'orthographe et l'étude de la langue, le lycée prenant ensuite le relais pour se préoccuper uniquement de la littérature. Ce clivage est maintenant dépassé pour deux raisons essentielles :

- l'approche littéraire, à travers l'étude des textes porteurs de références culturelles et l'analyse des genres, occupe désormais une place importante au collège ;
- l'étude de la langue, telle qu'elle est redéfinie par les nouveaux programmes, a vocation à se prolonger au lycée, essentiellement aux niveaux textuel et discursif. La lecture méthodique, en particulier, appelle l'utilisation constante des "outils" découverts au collège. De ce fait, la classe de 3e ne marque pas la fin d'un processus d'apprentissage dans ce domaine et certaines notions (modalisations, point de vue, actes de parole, reprises, etc.) sont approfondies au lycée, en liaison avec les textes étudiés et les objectifs d'expression visés.

Un objectif identique

Le lycée comme le collège se fixe comme objectif central la maîtrise du discours pour la formation du citoyen. Certes les discours se font plus complexes et les analyses plus fines et plus savantes. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit toujours de développer, au contact des œuvres et des écrivains, les facultés de compréhension, les capacités de jugement et, d'une façon générale, un indispensable esprit critique. Les pratiques de lecture et d'expression, orale et écrite, restent donc au premier plan.

Une nécessaire évolution

Si le collège se préoccupe davantage de littérature et le lycée d'étude de la langue, si la maîtrise du discours est l'objectif commun à ces deux niveaux d'enseignement, le lycée affirme cependant sa spécificité. Elle est à chercher dans la relation entre compétences et connaissances.

On peut en effet considérer, schématiquement, qu'au collège les savoir-faire sont mis en avant, à l'intérieur d'un enseignement centré autour de l'élève. Les grandes sections qui organisent les programmes portent sur les compétences que les élèves doivent maîtriser, dans les domaines de la lecture, de l'écriture, de l'oral.

Au lycée, sans négliger la mise en place des compétences, les programmes s'attachent davantage aux savoirs et, quels que soient les œuvres retenues ou les groupements de texte constitués, les dimensions historique, générique et rhétorique sont davantage présentes. L'histoire culturelle et littéraire, l'analyse des genres à travers l'étude des œuvres structurent un enseignement qui privilégie les contenus et s'attache à faire passer des connaissances. De ce fait, l'accent mis d'abord sur les compétences est ensuite davantage placé sur les connaissances. Il s'agit cependant bien d'une évolution et non d'une rupture : c'est en effet en prenant appui sur les compétences acquises au collège qu'il est possible, au lycée et en classe de seconde, de faire passer un nombre plus grand de connaissances. Il n'est donc pas souhaitable en 3e, de "préparer les élèves à la classe de seconde" en leur imposant, de façon anticipée, les exercices qu'ils découvriront progressivement au lycée. En revanche, il est indispensable de mettre en place les compétences (savoir s'approprier des repères culturels, savoir lire un texte de façon autonome, savoir exprimer une opinion, savoir développer un argument concret ou abstrait) qui permettront ultérieurement aux élèves d'aborder ces exercices.



Des interrogations multiples

Les textes officiels ont soulevé toutes sortes de questions sur ce qu'ils précisent ou ne précisent pas, sur la manière dont on peut les interpréter. Quatre types de questionnements ont ainsi vu le jour et organisé la réflexion sur l'aide individualisée.

  • La gestion administrative de l'aide individualisée
  • La constitution des groupes
  • Les Diverses actions à envisager
  • L'évaluation de l'aide individualisée

I Mise en place dans l'établissement

En 99 / 2000 chaque établissement a vécu la mise en place de l'aide individualisée de manière différente. Faisant ici l'objet de conseils d'enseignement dès juin 1999, là au moment de la prérentrée, ou même plus tard, l'aide individualisée a aussi pu donner lieu a une concertation avec les enseignants de mathématiques, être intégrée au projet d'établissement, ou quasiment ignorée. Lorsqu'une réflexion a bien eu lieu, divers problèmes d'organisation ont été soulevés par exemple proposition d'alignement éventuel des emplois de temps des classes. Afin d'affiner le dispositif, certains enseignants se sont demandé si, en dehors des heures d'aide individualisée inscrites dans l'emploi du temps des classes, on pouvait prévoir qu'un professeur soit mis à heure fixe à la disposition d'élèves souhaitant être aidés sur un point particulier.
Les chefs d'établissement ont été confrontés à la question des moyens horaires spécifiques. Certains établissements bénéficient d'une enveloppe d'heures supplémentaires allouées au moment de la prérentrée, ce qui a pu poser le problème de leur intégration à des emplois du temps déjà "bouclés", mais aussi celui des critères de leur affectation.

II Constitution des groupes

Gérer l'aide individualisée pose d'emblée le problème des critères de sélection des élèves qui doivent en bénéficier. L'évaluation nationale constitue une base de données primordiale, mais ce n'est pas la seule. Les résultats des premiers travaux , des entretiens individuels ou en groupe, réalisés dès le début de l'année ou plus tard, par matière ou en interdisciplinarité peuvent fournir d'utiles éléments de réflexion. Toutes ces approches font l'objet d'une méthodologie spécifique.
On peut généralement admettre que l'aide individualisée s'insère dans u n e pédagogie du contrat, fondée sur des objectifs à définir entre l'enseignant et l'élève. Mais l'obligation d'être aidé ou la désignation des élèves par l'enseignant peuvent être ressenties comme une contrainte et rendre inefficace la démarche pédagogique. Il convient donc, par des méthodes appropriées, d'obtenir l'adhésion des élèves réticents.
Comme auparavant les modules, l'aide individualisée n'est pas destinée à des groupes fixes et permanents, d'où la nécessité de fixer (et cela fait partie de cette pédagogie du contrat évoquée plus haut) un rythme de rotation des groupes. Rythme souple, déterminé à la fois par la nature du groupe, par les objectifs.

III.Typologie des actions

Héritière de toute une tradition d'activités de soutien, l'aide individualisée n'en suppose pas moins une pédagogie tout à fait nouvelle mais d'apparence paradoxale (paradoxe qui n'est peut-être qu'apparent) à la fois individualisée et réalisée en groupe. Pour résoudre ce problème, il convient d'abord de préciser quelles difficultés sont à traiter et quels élèves sont concernés afin d'imaginer des actions singulières et collectives à la fois. Elles seront différentes selon que l'on s'adresse aux élèves éprouvant les plus grandes difficultés, ou à d'autres n'éprouvant de difficultés que sur des points particuliers. L'aide individualisée étant limitée dans le temps, on a pu se demander si elle était appropriée pour des élèves n'ayant pas maîtrisé les savoirs fondamentaux de la matière (lecture..). Quoi qu'il en soit, l'esprit de cette pratique innovante nécessite de convaincre les élèves "aidés" que leurs difficultés ne sont pas une fatalité et que l'on peut modifier l'image qu'ils ont de leur condition d'élève "en difficulté" ou "en échec". A terme, une liaison entre les lycées et les collèges destinée à traiter plus tôt et de manière plus suivie les problèmes majeurs de maîtrise de la langue (ou tout autre problème individuel) serait évidemment souhaitable.
Une des questions de base est celle de l'articulation de l'aide individualisée avec le programme et avec le travail effectué en classe entière ou en groupe (en particulier le rapport aide individualisée/modules) : faut-il instaurer une continuité, une rupture, des approches différentes des mêmes questions?
Vient enfin le problème des moyens et des ressources humaines: éventualité d'interventions extérieures, nature des supports et documents utilisés, rôle du CDI et des documentalistes.

IV. Évaluation de l'aide individualisée

Il est important pour les enseignants comme pour les élèves d'évaluer l'aide individualisée mais les modalités, la quantification et la périodicité de cette évaluation reste problématique. On a pu suggérer qu'il convenait au moins dans un premier temps de donner à l'élève des objectifs accessibles, de manière à l'amener à une impression de réussite ou d'avancée, sous peine de le voir en situation de double échec.
Les contributions qui suivent ont pris en compte ce large questionnement et sont des éléments de réponse.